L’édito du coordo

Dans l’édito du mois, Alain Jantorre souhaite aborder la question de l’évolution des recrutements au sein de la Fonction publique.

La modernisation des services publics est un enjeu majeur sur lequel se penche l’État depuis de nombreuses années. De la révision générale des politiques publiques (RGPP) à la modernisation de l’action publique (MAP) jusqu’à, il y a peu, le programme de transformation de l’action publique, l’administration évolue et les concours avec elle.

Le concours reste et restera le mode d’accès prioritaire à la fonction publique comme l’a encore dit le chef de l’État il y a peu. Son caractère méritocratique et sa dimension égalitaire le rendent indispensable pour qui souhaite recruter des agents efficaces et performants tout en donnant à chacun et chacune sa chance.

Pourtant, les concours changent au rythme des transformations et des évolutions de l’administration.

Le programme de « transformation l’action publique 2022 » met ainsi l’accent sur l’amélioration de la qualité des services offerts aux usagers et sur le développement de la numérisation comme moyen de se rapprocher des citoyens et d’être au plus près de leurs besoins. Il veut ensuite offrir un environnement de travail modernisé aux agents publics et même dans certains cas « réinventer » leur métier à l’aune des nouveaux outils qui sont mis à leur disposition. Enfin, ce même programme ambitionne d’accompagner au mieux  la réduction de la dépense publique.

On retrouve tous ces objectifs dans les évolutions qu’ont connues et que connaîtront les concours de recrutement. Ainsi, les inscriptions et le suivi des dossiers des candidats se font aujourd’hui quasi exclusivement en ligne. Les épreuves, elles aussi, ont évolué. Le concours de recrutement de sous-officier de gendarmerie en est un bon exemple puisque les tests professionnels se font depuis l’année dernière sur informatique et la session de septembre 2020 a ajouté une épreuve visant à juger la maîtrise qu’ont les candidats de l’environnement numérique. Enfin, la réduction des dépenses passe entre autres par l’organisation de concours communs ce qui allège l’organisation mais modifie parfois les sujets avec le choix qui est fait de thématiques plus générales.

Ce ne sont là que quelques exemples de ces changements et c’est à tout cela que notre institut s’adapte afin que ses stagiaires soient les mieux préparés aux transformations en cours. Ainsi, les apprentissages numériques qui étaient déjà présents dans la filière administrative, le sont maintenant dans la filière sécurité. En outre, les rencontres avec les professionnels se multiplient afin d’être toujours au fait des dernières évolutions qui touchent l’administration. Enfin, des « classes hybrides » permettent à tous ceux qui le souhaitent de bénéficier d’un accompagnement depuis leur domicile.

 IDEO prépaconcours, comme le service public, s’attache donc à respecter les principes d’adaptabilité et d’accessibilité.

Alain Jantorre

Le principe d’égalité des sexes est inscrit à l’article 3 du Préambule de la Constitution de 1946, qui indique que « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme » et il est précisé par la Constitution de 1958, dont l’article 1er prévoit que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ».

Si nous venons de commémorer le 60ème anniversaire de la Constitution, le législateur essaie encore de rendre effective cette ambition et des textes récents témoignent de la volonté de lutter contre les discriminations et de promouvoir  une culture en faveur de l’égalité professionnelle. Une circulaire encourage ainsi l’aménagement des horaires de travail pour une meilleure prise en compte des contraintes familiales et de transports, une autre présente l’intérêt de formations dispensées auprès de l’ensemble des agents afin de susciter une prise de conscience des représentations, conscientes ou inconscientes, à la base des préjugés et comportements discriminatoires.

Concrètement et à l’échelle de notre institut, le constat est clair d’une féminisation des métiers de la sécurité et les retours de nos anciennes stagiaires rapportent des carrières qui se construisent et des concours internes qui leur permettent maintenant d’occuper des postes à responsabilités.

Si le principe de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est donc aujourd’hui acquis en droit, les évolutions concrètes sont également réelles. Un changement des mentalités et des pratiques est notable tant au niveau des individus eux-mêmes qu’au niveau des recrutements et des carrières.

Alain Jantorre